5 jours en PATAGONIE

   Pour bien des passionnés d’aventure et de nature, la Patagonie est un Eldorado. Non seulement parce qu’on y trouve des paysages d’une immensité et d’une beauté uniques au monde mais aussi parce que putain, c’est vachement loin. Mais bon, typiquement un rêve de gosse, ça a plus de 20 ans, alors ce ne sont pas quelques heures de vols et de transits qui vont changer grand chose. C’est Organica, nouveau label de laine éco-responsable du groupe Chargeurs qui avait décidé de m’inviter à l’occasion de son lancement. Naturel, éco-responsable et Patagonie sont trois mots clés dont on peut aisément imaginer l’efficacité si l’on me connait un peu. Ce fut donc sans opposer de grande résistance que je saisis cette occasion.

 

Dimanche 8 octobre

18:45
Genève. Je suis exténué, je n’ai pas dormi la nuit dernière, c’était la soirée de cloture du « High Five » Film Festival et du « Sosh Big Air » avec Oakley. Ce matin j’ai du me lever à 8h pour rejoindre Chamonix en vitesse pour recontrer l’association SEBIO puis refaire la route vers Genève. Je dormirai dans l’avion.

 

Lundi 9 octobre

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19:30
El Calafate.
Après trois avions, deux escales, à Londres puis à Buenos Aires, et près de 36h, c’est complètement reboosté que je pose le pied à El Calafate, mythique ville de Patagonie. Je n’ai pas beaucoup dormi mais mon excitation débordante ne laisse que peu de place à la fatigue.

20:30
Eolo.
Une autre planète. Surplombant la plaine entourée de montagnes aux sommets maculés de neiges éternelles, l’hotel Eolo nous offre un spectacle saisissant. Je n’ai jamais vu un tel paysage. Au milieu de la plaine serpente une riviere scintillante. Toutes les chambres donnent sur la vallée, ainsi que le salon et la salle à manger. C’est ce genre de spectacle qui me fait prendre du recul et réaliser à quel point je suis privilégié. Je me demande comment je suis arrivé là. L’expérience vaut tout l’or du monde.

23:00
Après un délicieux diné passé en compagnie de Michaël Fribourg à en apprendre plus sur le Label de laine Organica et le groupe Chargeurs en général, c’est comme une pierre que je m’effondre dans mon lit présidentiel.

 

Mardi 10 Octobre

 

8:00
Levé tôt pour avoir le temps de petit déjeuner et commencer cette journée chargée, je ne ressens pourtant pas de grande fatigue. J’ai bien récupéré et je trépigne d’impatience à l’idée de découvrir le mythique glacier Perito Moreno. J’ai vu ce glacier sur des photos, dans les magazines et sur les instagram de nature que je suis et c’est pour moi un des plus beaux paysages du monde.

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10:45
Après un long trajet en bus durant lequel nous aurions tous pu dormir quelques heures de plus si la gentille guide avait pu condenser un peu son discours et surtout se décider sur le choix d’une langue, nous faisons enfin face à Perito Moreno. Écrire ce mot me donne encore des frissons. D’un bleu porcelaine, luminueux, imposant, immense, il nous fait face. Ses craquements retentissent telle des coups de feu suivis de leur écho dans cet immense paysage figé. Je crois qu’une larme coule sur ma joue. Il n’y a pas de plus grande beauté que celle de la nature à mes yeux.

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Comme dans beaucoup de parcs naturels aujourd’hui, le site est très/trop encadré. Des passerelles bordées de barrières me rappellent un zoo. Je sais bien que pour préserver non seulement le site mais aussi assurer la sécurité des badauds, ce genre d’infrastructures est nécessaire. Le problème et que le nivellement par le bas est inévitable. Par là j’entends que pour protéger les plus idiots il faut traiter tout le monde comme un idiot. Pour protéger le site contre les irrespectueux pollueurs et destructeurs, il faut traiter tout le monde comme un irrespectueux pollueur. Ce qui pénalise les gens respectueux et éduqués. C’est pourquoi je décide inévitablement de sauter la barrière. Cela doit vous surprendre de ma part. Cela me permet de trouver quelques angles inédits pour des photos mais surtout d’admirer le glacier de plus près. Smiley coeur avec les yeux.
Je suis très vite repéré par la sécurité qui m’emmène en prison.
Non biensur. Je m’en sors en pretextant la chute de ma gopro. Je n’avais quitté la passerelle que pour aller la récupérer, je ne suis pas un rebelle accro à la liberté, tout le monde le sait.

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12:30
Encore tout étourdi par la beauté du glacier, nous arrivons dans une Estancia (ferme d’élevage) où les propriétaires des lieux nous proposent une visite guidée ainsi qu’une explication du processus de tonte des moutons, traitement de la laine jusqu’au produit fini. Cette Estancia est l’un des fournisseurs du label Organica. Ce qui suppose biensur des standarts responsables, durables et écologiques tant du côté des moutons que de celui des exploitants. Une première ici en Patagonie. C’est raffraîchissant de voir des grands groupes côtés en bourse penser plus loin et plus profond que le profit pur.
Nous avons même l’occasion de pénétrer dans l’enclos avec un troupeau. C’est vraiment au milieu de ces troupeaux que l’on prend la mesure de cet instinct grégaire très propre au mouton. Le besoin de coller au troupeau semble vital pour chaque bête, même au milieu de cet enclos sécurisé et éloigné de tout prédateur, excepté biensur du plus grand de tous.

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14:00
Nous nous asseyons le temps d’un déjeuner dans une seconde Estancia. Dès lors nous avons réalisé que les Empanadas et la viande cuite seraient la base de notre alimentation pendant tout le séjour. Ce n’est que quand on mange de la viande à tous les repas que l’on comprend à quel point c’est fatigant et affaiblissant pour le corps. Je ne sais même pas si j’aurai la force d’aller au Mac Do à mon retour en France. (Edit. J’ai trouvé la force)

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15:00
Apres le déjeuner, nous assistons à une démonstration d’acheminement de troupeau puis de tonte d’un mouton. Cela fait un peu touristique, le Gaucho est tiré à quatre épingles, je doute qu’il soit sur son 31 365 jours par an…

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16:00
C’est l’heure de la présentation d’Organica. Vous imaginez bien que m’asseoir dans une salle à écouter une présentation powerpoint scolaire ne m’enchante pas au plus haut point, mais la présentation est concise, et bien menée. Je commence à me lier d’affection pour ce label. Sceptique au départ, il me semble alors que l’initiative Organica puisse vraiment être bénéfique, pour la Patagonie, pour les fermiers, mais aussi à plus large échelle pour tout le marché. Incarnant des valeurs positives, responsable, elle prône la transparence et la qualité en donnant l’exemple.
Pourquoi pas travailler avec ce label pour une collaboration future?

18:00
La présentation était brève et efficace et il nous reste deux heures avant le diner en ville. C’est l’occasion de partir en exploration dans cette plaine en face de l’hotel. Robin, le jeune photographe d’Organica a accepté de m’accompagner. Je pense qu’il avait besoin de photographier autre chose que des moutons pour le bien de sa santé mentale.

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18:30
Ce paysage est irréel. Si immense, si grandiose. Au milieu de la plaine, la rivière brille, éclairée par le soleil qui descend peu à peu vers les sommets enneigés à l’horizon.
Le sol est parsemé d’ossements de bétail certainement mort de faim ou de froid. Au dessus de nous, des oiseaux d’espèces diverses tentent de nous chasser de leur territoire à hauts cris. Alors que de loin cette étendue nous semblait presque désertique, nous sommes surpris de voir à quel point elle regorge de vie. Il est facile de prendre quelques clichés dans ce paysage hors du commun, mais notre émerveillement pour cet endroit dépasse ces considérations. J’ai des frissons, et ils ne sont pas dûs au froid de la nuit qui tombe.

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20:30
Nous sommes en retard pour le dîner et les autres nous attendent mais en jetant un regard à Robin je sais qu’il pense comme moi que cette escapade valait le coup de repousser un peu les empanadas et la viande du soir. J’aime bien Robin, on est un peu pareils lui et moi, on partage pas mal de valeurs et de centres d’intérets. C’est cool si en plus d’un beau voyage je gagne un pote.

 

Mercredi 11 Octobre

7:00
Aujourd’hui ne va pas être une journée de repos. Au programme deux avions, 4 trajets en bus, et la visite de l’usine de peignage et des entrepôts. Au boulot.

9:00

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Le petit avion pour Trelew décolle, je suis au premier rang, je peux voir par le pare brise du cockpit. Tout le monde est effrayé, cet avion est minuscule. Pas moi. Je suis émerveillé par la Patagonie vue du ciel. Cela ne ressemble pas à la surface de la terre.

14:00
Après un déjeuner surprenant, Empanadas de viande accompagnées de viande, nous entamons la visite de l’usine de peignage. C’est intéressant de voir la manière dont les impuretés sont retirées de la laine et comment les fibres sont alignées, mais une brochure m’aurait suffit. Je n’aime pas les usines, les machines, je m’ennuie. J’aime les êtres vivants et la nature et cet envirronement me lasse très vite.

22:00
Un vol de plus et un trajet en bus nous amenent à notre dernière destination avant le vol de retour. De nuit on ne voit pas grand chose, mais cette grande batisse d’un autre temps nous fait penser à l’Angleterre. La façade, les écuries, les meubles ancien, le style des chambres, tout y est. On ne s’y attendait pas, mais les anglais ont été très présent en argentine depuis la période coloniale. Nous sommes tous fatigués et après un diner expéditif nous allons nous coucher.

 

Mercredi 12 Octobre

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10:00
Il pleut. Nous avions prévu du polo l’après midi mais si le temps ne s’améliore pas ce sera compromis. On s’occupe comme on peut, il y a un billard français, une table de ping-pong, et même une ptite présentation Organica! Plus j’en apprends sur ce label, plus je pense que je pourrais lancer une ligne d’accessoires en laine en utilisant cette laine. Les valeurs et le souci de qualité qu’elle représente m’inspirent.

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14:00
Le polo est maintenu! Je me suis toujours un peu méfié des chevaux mais j’ai aussi toujours rêvé de ne me déplacer qu’à cheval. Ma position est vis à vis d’eux est donc incertaine. Mais ma curiosité pour un sport que je ne connais pas et si prestigieux fait monter mon excitation.

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15:00
Au galop. Après une petite démonstration de polo qui n’a fait que me rendre plus impatient, je suis le premier à pouvoir monter l’un des chevaux. Je n’arrive pas à regarder des gens faire du sport. Cela me donne envie de jouer et soit c’est possible et je m’y mets, soit c’est impossible et je dois faire autre chose. Il n’y a que quand ma maman joue au tennis que je suis assez intéressé par le dénouement pour suivre le match.
Je suis déjà monté à cheval mais dans des conditions super ennuyantes. Les chevaux en file indienne, au pas ou au trot, avec finalement autant de liberté que dans un wagon de train. C’est donc une première de pouvoir vraiment diriger le cheval. Quand je demande si je peux galoper, c’est une question rhétorique et la mine inquiète de l’instructeur qui visiblement n’est pas pour a autant d’effet à mes yeux que sa victoire au match de polo.
Ils croient tous que j’ai perdu le contrôle mais qu’importe, ils sont loin, je suis au galop et je contrôle ce cheval à merveille. Cette sensation et la vitesse sont grisantes. J’attrape une crosse, et tente de reproduire le mouvement que j’ai observé pendant le match. Cela me semble si naturel que c’est sans encombre que je mène cette balle à travers le terrain.
Je ramene finalement le cheval en sachant que je ne remonterai pas avant un moment, mais j’ai pris une décision. J’aurai un jour mon cheval et c’est au galop que j’irai chercher mon pain le matin.

 

Jeudi 13 Octobre

 

9:00
C’est l’heure de quitter l’argentine. Que de nouveautés, d’images en tête. Je sais que je reviens pour l’ascension de l’Aconcagua en Janvier. J’aimerais prendre le temps d’en découvrir plus sur ce pays. Nous avions du travail cette fois, j’ai besoin de plus de liberté. J’ai aussi gagné un beau projet avec le Label Organica. Nous avons les mêmes valeurs, nous allons travailler ensemble. To be continued…

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7 réflexions

  1. Ton article est grandiose et une très belle plume écriture pour raconter et décrire tous se que tu as vécu durant ton voyage et des tes photos sont sublimes, merci de partager tous sa et je te souhaites pleins d’autres aventures à vivre et une bonne continuation pour la suite car tu mérites sincèrement, un mec bien avec des bonnes valeurs et beaucoup respect

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  2. Un bel article Bastien, tu nous fais vivre ce voyage avec émotion et des petites pointes d’humour qui sont innées chez toi et si plaisantes à lire, on te sent débordant de bonheur devant cette nature magnifique, tu es un privilégié d’avoir pu admirer le Perito Moreno, un souvenir qui restera gravé à jamais dans ta mémoire. Merci pour ce partage, j’espère qu’il y en aura d’autres et que tu continueras à réaliser tes rêves de gosse 💙 Tes photos sont absolument superbes 👍😍

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  3. Bravo pour cet article concis mais très descriptif .cela nous donne envie de voir la vidéo.on peut suivre ce joli voyage …dans un pays si lointain merci de nous faire partager ce voyage

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